19 juin 2005
Parce que tout à une fin...
Aujourd'hui, les fenêtres 108 et 109 seront ouvertes.

C'est son comportement associal qui as poussé son père à avoir recours aux séances de psychiatrie hebdomadaires. Nicolas se dévoilera un peu plus chaque jour. Monsieur H., son psy, lui ferra ouvrir les yeux sur ce qu'il n'est pas près à accepter : Il a des tendances à l'autisme volontaire. Le jeune garçon refusera d'y croire, malgré ses absences répétées, malgré les remarques continuelles des professeurs et de son père. Monsieur H. a mal jaugé l'intensité de son blocage, ce n'est pas le premier psy à se tromper et personne ne lui en reprochera les effets. L'erreur est humaine, et Nicolas est absolument certain que cet homme a tord. Le garçon occultera la réalité et même une fois sortie de ces isolements volontaires, il ne voudra pas les admettres.
Il va voir de temps en temps la vieille dame deux étages au dessus et lui parle un petit peu. Ils s’entendent bien tout les deux, se sentent tout deux sur la touche. Elle lui donne de temps a autre un petit billet, il ne refuse pas pour ne pas la vexer alors qu'elle cherche à lui témoigner comme elle peut son affection. Il dépense la totalité de la somme pour la gâter avec des fleurs et quelques vieux vinyles qu’elle met souvent. Il connait ses goûts musiquaux. Il aurait tant voulu que ce soit sa grand-mère. Il voudra la voir cet après midi mais ne pourra pas.
A la fenêtre 109, Alain attend patiemment que son fils sorte de la chambre pour lui passer un savon. La nuit est faite pour dormir, pas pour faire le zozo sur l’ordinateur. Surtout à 17 ans ! Il pense à couper le courant la nuit pour le forcer à dormir. Mais lorsqu’il verra son fils, il criera et recevra une réponse déstabilisante. Son fils lui dira qu’il est un vieux con et que jamais il n’a été un vrai père, qu'il se contentait de le coller pour vivre à travers son fils sa jeunesse gâchée si stupidement. La vie d'Alain est une souffrance de tout les jours depuis que sa femme l’avait quittée. Jamais il ne s’en était remis. Elle a disparu si brutalement...
Sous le choc de ces paroles, il va sortir sans rien dire, aller dans un bar de la ville et boire à outrance. Vers le milieu de l’après midi, il rentrera, titubant un peu, l'esprit embrouillé et paralysé par son desespoir qui n'a pas été diminué par l'alcool mais plutot amplifié à chaque gorgées. Voyant son fils sortir aller voir la vieille du deuxième, il entendra en éccho ses mots, il reverra sa femme dans ses yeux, toute cette douleur, il n'en peut plus. Il rattrapera Nicolas par le bras et le jetera au sol. "Tu n'as jamais été un vrai père"... "Vieux con"... Son bras se levera plusieur fois, abatant sa peine. Il fraperra encore et encore. L’ivresse lui fait perdre la tête. Il fraperra tant qu'il le pourra, de toutes ses forces, ne voyant pas la scene qu'il créait, mais hurlant sa tristesse, il était seul, c'était Nicolas la seule chose qui le reliait à sa femme, c'est lui qui est le souvenir de cette trahison, de cet abandon. Elle n'avait pas le droit de mourir comme ça ! Pas comme ça ! Pas si tot ! Il la haïssait de les avoir laisser tout deux, il aurait tant voulu la detester mais l'aimait trop pour ça. Alors il fantasmait à des actions impardonnables, créait des fausses disputes pour qu'elle n'aie plus de place en lui. Ce n'était peut être pas son fils, c'était surement pas son fils, elle l'avait trompé, il s'en souvenait. Il frappera cet inconnu qui se permettait de vivre à ses côtés en tant que fils tout en critiquant, il leve encore le bras, et laisse tomber ses larmes.
visage et son corps gît, inerte, sur le parquet.
Il pleurera, s'éloignera du salon, ira vomir dans le couloir. Il va tomber, à moitié conscient, face à la porte. Il se relevera rapidement et ira se passer de l'eau sur le visage. Faisant cela, il verra ses mains abîmées pleines de sang, et il courera au salon. Non, ce n'était plus un simple rêve, un simple fantasme de destruction qui sera oublié lors du reveil. Il voulait haïr sa femme pour l'oublier, pour que ce soit plus facile, et il avait commis l'impardonnable. C'était vrai, cette fois, il l'avait fait. Il emmènera Nicolas aux urgences et il ira se livrer à la police. Son fils s’en sortira, s'émancipera et coupera toute relation avec son père, aidé par la justice. Alain chercha à se faire pardonner par tout les moyens possibles mais n'y parviendra pas. Toutes les lettres recoivent la même réponse : "Tu n'es pas mon père, je ne verserais pas de larmes pour toi, jamais.".
Alain se noyera de nouveau dans l'alcool pour tout oublier, quittera son emploi. Son appartement deviendra un taudis, il sera expulsé et vivra en SDF quelques mois avant de mourir d'une pneumonie le soir de Noël, devant la fenêtre 109. C'est un passant qui préviendra les urgences, et c'est Mme Cetrine, la vieille dame que Nicolas aimait tant qui le préviendra de la découverte. Elle accompagnera le jeune homme qui as désormais 24 ans à l'enterrement.
Accompagné d'une amie, de Mme Cetrine et de son petit ami, Nicolas assistera à la ceremonie. Il pleurera, finalement, regretant qu'une phrase fut si dure à dire, une si petite phrase qui aurait évité tant de choses.
...
Le monde est composé de milliers de millions d’immeubles. J'espere que vous ne regarderez plus ces froides facades sans une pensée pour ces lignes.
Je dépose la clée sous le paillasson, les volets ont été fermés, l'Immeuble retourne à la vie, anonyme, inconnu, vivant, comme il a toujours été.
28 avril 2005
L'Immeuble - Episode 4
Du haut de ses remparts, l'Immeuble continue sa route, ses
habitants continuent leur vie, le monde continue de tourner.
Aujourd'hui, nous ouvrirons les fenêtres 106 et 107

Jess habite au 106, c'est l’amie de
Véronique qui est deux étages au dessus. Elle est un peu triste
aujourd’hui. Son emploi à l’usine l’ennuie plus que tout, son patron
pratique le harcelement moral sans aucune vergogne et elle a le
sentiment d'être exploitée, sous payée. Depuis déjà 4 mois, elle prend
des médicaments. Mais aujourd’hui, elle a décidé d’arrêter. Toutes ces
gellules pour ne pas avoir à affronter la vie en face, tous ces
somnifères pour que cesse, l'espace d'une nuit, ses tourments... C'est
assez.
Elle a décidée de reprendre le dessus et
se munie désormait de sa volonté afin de changer sa vie. Elle apprendra
à subir, elle apprendra à ne plus s'inquiéter, elle apprendra à
reprendre sa place, à ne plus fuir. Il lui en a fallu du temps pour le
comprendre. Tout ces médicaments ne servent à rien. C'est sur le long
terme qu'il faut agir, et c'est donc une remise en question qui surgit.
Elle va travailler le soir, gérer son boulot, reprendre ses études et soutenir son amie
qui rentrera en dépression lors de sa grossesse. La mort du compagnon
de Véronique mettra un sacré coup à son petit monde, mais elle s'armera
de patience pour son amie, tout ce qui compte c'est Véro car elle
l'aime enormément.
Depuis le collègue, elles vivent proches
l'une de l'autres, elles ont traversé de nombreuses épreuves, elles
sont toutes deux, mains dans la mains, arrivées à survivre et à se
frayer un chemin. Ensemble, elles pouvaient tout faire. Neuf mois
seront passés à réconforter son amie mais elle ne verra rien venir,
rien avant que ce ne soit déjà trop tard. Véronique se suicidera lors
de la naissance d'Alexi, son enfant, mort né. Une defenestration
volontaire du 5ème étage de l'hopital, les infirmières ont assistées à
son saut de l'ange, impuissantes...
Jess tombera en dépression et tout cela la poursuivra pendant 3 ans. Ne supportant plus de vivre dans l’Immeuble qui lui rapellait trop de souvenirs, elle partira de cette région, quiterra son emploi et sa ville de jeunesse. Loin, très loin, voila sa nouvelle destination. Elle trouvera un nouvel appartement, des nouveaux voisins, un nouvel emploi mal payé, et un nouveau patron. Celui ci la prendra sous son aile, il la protégera, améliorera ses conditions de travail. Elle se consolera à ses côtés, il voit en elle une charmante femme mais ne veut pas profiter de la situation. Elle lui ferra des avances, il refusera avant de ceder quelques semaines plus tard. Ils se marieront à l'africaine, comme il l'a toujours voulu, car Pierre ne veut aucunement renier ses origines Africaines. jess n'y voit aucun inconvénient, l'Amour vient de frapper ces deux personnes. Ils auront 3 filles et Pierre sera un peu déçu de ne pas avoir eu de petit graçon, mais il n'est aucunement déçu d'avoir eu ses 3 magnifiques "gazelles" comme il aime les appeller...
Au 107, c'est le salon de
Jess où son appareil photo l’attend. Elle fera de très bons clichés
aujourd’hui et en accrochera une dans le salon de sa future maison.
Cette journée sera belle et Véronique rira de toutes ses forces avec
son amie, elles s'amuseront comme des folles avant de rentrer. tant de
souvenirs condenscés en une seule petite photo. Elle l'accrochera dans
sa future maison et pleurera son amie en caressant doucement le cadre
avant de se dire une fois de plus qu'elle n'a pas à se culpabiliser.
Pourtant, elle ne pourra empecher cette voix qui reviendra encore et
toujours, cette voix qui sussure "Tu aurais dû le voir, tu aurais dû le
sentir. Tu aurais dû l'empêcher...". Ca la hantera jusqu'à sa mort, après une vie heureuse avec
son époux bien aimé et sa famille. Une de ses filles sera élue Miss
France, mais Jess ne le saura pas, elle décedera avant d'une chute dans
les escaliers à l'âge de 86 ans.
06 avril 2005
L'Immeuble - Episode 3
Du haut de ses solides fondations, l'Immeuble poursuis son chemin.
Aujourd'hui c'est au tour du deuxième étage au complet.
57, 58, 59 et 60.

Cependant, elle ferra comme d'habitude, malade ou pas. Elle sortira par l'ouverture 58 pour arroser ses magnifiques plantes et savourer un peu l'éclat du soleil qui réchauffe sa peau. Voilà 20 ans qu'elle réside ici, la vie en immeuble lui plait bien mieux que la solitude des maisons isolées. De temps à autre viennent sonner à la porte des admirateurs vennant écouter leur cantatrice préférée, la connaître. Ils ne repartent jamais triste car malgré la maladie qui tiraille son corps de l'intérieur, ses quelques rondeurs couvrent toute apparence disgracieuse. Assumant ses formes, elle ne porte que des robes ou des jupes, mais jamais au grand jamais des pantalons.
La fenêtre 59 éclaire les toilettes. Aussi saugrenu que cela puisse être, elle adore s'y trouver. Sur chaque côtés se trouvent des étagères pleines de livres. Lire dans cet endroit est un régal. L'espace clot, cette atmosphère d'intimité exacerbée lui donnent un sentiment de chaleur, de réconfort, comme si elle se retrouvait dans le ventre de sa chère mère, de nouveau. Alors elle lit et se plonge littéralement dans les récits magiques, des fééries pour adultes, feuilletant souvent "Les 91 Récits de L'Outre-Monde" et bien d'autres classiques de la littérature d'amateurs. La magie l'entoure réelement à cet endroit et c'est exactement ce qui la pousse à y rester des heures durant.
Sa chambrée est illuminée dès le matin par la fenêtre qui porte le numéro 60. Le lit à deux place rutille de reflets sur la couverture en soie. C'est un nid si douillet où elle aime s'y allonger, même lorsqu'elle n'a pas envie de dormir ni mal nul part. La buanderie contiens ses robes fantastiques, d'une valeur inestimable, des bijoux d'un prix exorbitant. Elle ne sait qu'en faire. Tout garder comme souvenir ou vendre pour en faire don ? Se complaire dans des objets qui ne seront plus portés comme avant ou en faire quelque chose de bien pour les plus pauvres ? Son penchant humanitaire n'est jamais assez fort, face à tout cela. Elle les revêts de temps en temps, met un CD de ses concerts et danse seule dans son salon, un pincement au coeur de devoir le faire seule. Il n'y a personne dans sa vie, et il n'y aura plus personne. Indépendance à outrance, Gretta s'y est logé et n'y sortira pas.
Elle aura la surprise de s'allonger sur un lit mouillé. Elle ne prendra pas la mouche et ira prevenir la petite vieille du dessus. Le drap de soie se révèle être amoché, l'eau a traversé le plafond, entrainant bien des impuretés. Mais elle ne dira rien, "une personne aisée devrais plutôt relativiser que râler" dit-elle constament. Gretta ira même jusqu'à donner de l'argent à la voisine du dessus. Mme Cetrine est agée, la laisser dans le tracas est impossible, l'acculer en lui présentant la facture serait digne d'une rapace, et Gretta n'est absolument pas rapace. Alors elle aidera. Ses Grands Concerts auront un succès florissant et continueront bien après sa mort. Gretta mourera à l'hopital lorsque le cancer atteindra le foie, ses élèves se tiendrons tous autour d'elle.
Ils chanteront, elle partira à la fin du coeur final de ce qu'ils ont composé pour elle, une larme à l'oeil. La souffrance n'aura plus prise, elle quittera heureuse son corps. Ses biens seront, conformément à son testament, transformés en fonds pour une association de réintégration des SDF.
Un Groupe de Nazis des temps modernes violeront des tombes au cimetière où elle est entérée, dont sa sepulture au plus grand regret de ses étudiants. Ils se collecteront mais n'arriveront pas à tout remettre à neuf avant des années.
09 février 2005
L'Immeuble - Episode 2
Aujourd'hui, c'est les fenêtres 10 et 11 qui seront ouvertes.
Mais il est des gens sur qui le temps n'a plus prise…

Au 10 vit Mme Cetrine. Elle a 87 ans mais refuse toujours d'aller en maison de retraite au grand damne de son fils unique. Son état de santé n'est pas très positif, ses souffrances quotidiennes sont lancinantes en cette matinée mais ce qui l'ennuie c'est de ne pas recevoir d'appels de sa famille. Son fils viens avec son épouse, mais les petits n'aiment pas venir, elle le sent et ça la rend triste. Alors elle se contente de leurs venues forcées, elle les gâte avec des bonbons, de l'argent et des cadeaux, tout ce qu'elle peut avec ses maigres moyens. Elle rêve qu'ils viennent d'eux même en regardant leurs photos sur le vieux téléviseur qui hurle. Elle a son tourne-disque qui répand les douceurs de la country à la Canned Heat dans les pièces de son appartement. Elle bat la mesure du pied sur sa chaise à bascule qu'elle a mis en face de la fenêtre et ferme les yeux, le sourire aux lèvres sur un visage si fripé, si fatigué, mais rayonnant. L'espace du disque, elle sera ailleurs, elle se verra sur le pavillon en bois d'une maison de l'Arizona, n'ayant pour horizon que le désert brûlant… Une route de terre passe devant, mais personne à gauche ni à droite. Elle repensera à ses folles années de jeunesse, Woodstock, la revole de Mai 68… Que c'était bon de voyager. Mais l'Amérique d'antan est encore dans sa tête, l'Amérique comme il n'en existe plus.
Lorsqu'elle ouvrira les yeux, une fois le disque finit, elle se rendra compte de la magnifique journée et décidera de sortir faire une balade dans les jardins municipaux. Elle prendra l'ascenseur. Celui-ci est atteint d'un défaut grave qui le fera tomber un jour avec son passager, mais pas aujourd'hui. Elle prendra un bain de soleil toute la journée, et elle vivra jusqu'à être centenaire. Elle n'aura pas la visite journalière de son ami le jeune et si gentil Nicolas. Pourtant elle guettera la porte en rentrant, et elle se dira finalement que même lui s'est lassé de sa présence. La mélancolie la gagnera, mais qu'à cela ne tienne, un bon disque et la voilà repartie comme en l'an 40. Elle a décidée de danser ce soir, et elle dansera. Ses os lui permettent encore et le lui permettrons jusqu'à sa mort. Elle a toujours été une grande mangeuse de yogourt et l'ostéoporose, elle ne connaît pas !
Au 11, c'est la buanderie de Mme Cetrine. Sa machine à laver va tomber
en panne pendant qu'elle sera sortie. L'appartement va être inondé et
c'est sa voisine du dessous qui ira taper à la porte suite à quelques
infiltrations venant de son plafond. Heureusement qu'elle a croisée Mme
Cetrine quitter l'immeuble dans le hall sinon elle aurait appelé les
pompiers qui auraient défoncés la porte. Mme Cetrine aura quelques
difficultés pour remettre son compte à flot après la réparation mais sa
voisine du dessous étant fortunée l'aidera un peu et Véronique aussi.
Mme Cetrine invitera cette dernière à boire le thé en attendant le
retour de son ami, Véronique accepta mais restait plutôt anxieuse. Mme
Cetrine mis alors un disque et l'invita à danser. L'invitée, totalement
surprise par la vitalité de cette vieille dame, dansera et laissera de
côté ses problèmes pour le temps d'un 45 tours...
08 février 2005
L'Immeuble
la vie grouille sans cesse ni relâche…

Il est 11 heures, et derrière la fenêtre 8, Véronique jubile. C'est
samedi, jour d'évasion. Elle saisi son appareil photo et s'apprête à
sortir de son appartement, le sourire aux lèvres. Elle va rejoindre son
amie, Jess, pour filer en haut de la colline près des champs et
mitrailler cette belle journée de son objectif. En saisissant
l'appareil, elle eu un flash de sa mémoire, sa mère, une grande
photographe réputée dans le monde entier… Son père la battait, encore
et encore, il ne cessait de lui donner des coups… Véronique était
petite, elle avait seulement 5 ans mais ces images la hantent. Elle se
sentait impuissante, pleurant cachée derrière le piano… Et il
continuait, et il frappait, il meurtrissait la chair de sa mère qui en
mourut ce jour ci. Son père fut tué en prison dans une rixe entre prisonnier.
Véro a toujours été seule depuis ce jour là. Seule, affalée sur le lit
de sa chambre à la Dasse, avec les albums de photos prises par sa mère,
elle s'évadait tant qu'elle pouvait. Reprenant le flambeau de sa
défunte mère, elle devint photographe amateur. Ses clichés sont de
temps en temps achetés par divers journaux, c'est un triomphe à chaque
fois pour elle. Elle suivait les pas de sa mère. Malgré cela, elle se
sentait encore mal, seule, privée de l'amour que ses parents ne
pouvaient plus lui donner, n'ayant que haine envers un père qu'elle
refusait d'accepter, même le sachant défunt. Mais, le visage déconfit
par ce souvenir qui resurgissait, elle tourna sa tête vers la gauche,
la chambre à coucher, et se remis à sourire. Depuis qu'elle connait
Térence, elle est heureuse. Elle l'aime plus que tout, et elle compte
plus que jamais enterrer son passé, vivre en paix avec elle-même et
vivre enfin. Elle ne le sais pas encore, mais dans son ventre est en
train de germer leur union.
La fenêtre 9 donne sur la chambre de Véronique où dort son tendre ami,
Térence. Il traîne un peut au lit comme toujours. Mais il ne va pas
tarder, il doit se préparer et filer voir ses amis. Il va leur
détailler toute la nuit, exagérant par la même occasion sa performance
et ferra le non sentimental pour passer pour l'homme fier et macho
devant eux, une machine de sexe sans vergogne. C'est ce que ses amis
attendent, il préfère jouer encore le jeu même si personne n'est dupe.
Il l'aime. Ça se lit dans son regard, ça se sent dans ses gestes, dans
sa façon de parler d'elle, il est tombé amoureux de cette femme.
Cela fait maintenant plusieurs mois qu'ils sont ensemble et il veut
marquer le coup, quitte à paraître pour un fou, quitte à ce que ce soit
rapide, il le désire ardemment. La semaine prochaine, il posera une
bague de fiançailles à côté de son petit déjeuné. C'est décidé, il va
acheter la bague demain. Avant de revenir ce soir, il lui achètera des
fleurs. Une voiture le heurtera avant et il n'aura pas l'occasion de la
revoir. Son dernier souffle sera utilisé pour susurrer ce nom :
Véronique.
